This is not a love song - Jean-Philippe BLONDEL

Publié le par Amy

This is not a love songDans ses années de jeunesse, la « lose » lui collait à la peau. Aujourd’hui Vincent a le vent en poupe et la quarantaine conquérante : marié à une fille de la grande bourgeoisie britannique, père de deux enfants, il dirige à Londres une chaîne de restauration en plein essor. Pour cela il a dû fuir : la France et sa petite classe moyenne engourdie, ses parents et leur pavillon « qui craint », son frère et sa vie étriquée – et Étienne, son meilleur ami, son double inversé, dont il n’a plus jamais pris de nouvelles. Étienne qui a suivi le chemin opposé – Étienne qui est devenu SDF. Mais cela, Vincent l’ignore. Jusqu’à ce mois de juillet où il revient dans sa ville natale. Et se prend en pleine tête ses certitudes d’homme qui a « réussi » sans un regard pour ceux qu’il laissait derrière lui…

D'habitude, je n'achète jamais de livre de la rentrée littéraire. Cette année, c'est différent, ma bibliothèque ferme pour travaux et je ne pourrai pas bénéficier des nouveautés qui arrivent deux fois par semaine, ni même aller chercher 180 romans chez notre fournisseur pour les mettre plus rapidement à la disposition du public. Donc, devant l'urgence de la situation, j'ai acheté A l'abri de rien d'Olivier Adam, dont je vous ai parlé ici, et This is not a love song de Jean-Philippe Blondel, dont je vais vous entretenir à présent.
En parcourant les blogs des gens qui l'avaient lu avant moi, j'avais très peur de ne pas aimer ce roman. Je me préparais psychologiquement à être déçue, moi qui avait tout aimé de l'auteur jusqu'à présent (sauf Un minuscule inventaire que je n'ai pas encore lu). Je me disais que peut-être, c'était LE livre de trop, celui qui viendrait entaché l'oeuvre de Jean-Philippe Blondel. Et bien pas du tout, j'ai encore une fois totalement adhéré aux propos. Le personnage de Vincent m'a rappelé nombre de personnes qui gravitent autour de moi et qui ne redoutent rien tant que rentrer dans leurs familles en province, parce qu'ils y sont contraints par un anniversaire ou une fête quelconque. J'ai retrouvé en ses pensées les anecdotes que j'entend chaque mardi matin (le lundi matin des gens normaux qui travaillent du lundi au vendredi, pas du mardi au samedi comme moi !) des choses comme : "Je me suis encore tapé Drucker dimanche, j'étais chez mes parents". J'ai retrouvé en Jérôme le frère "normal", qu'on prend en exemple parce qu'il est marié et qu'il habite tout près de chez ses parents, il ne s'est pas éloigné lui au moins, il n'a pas oublié ses racines ! 

Et puis bien sûr, il y a toute la partie qui concerne Etienne, le copain de toujours qu'on laisse derrière soi, à tel point qu'on ne sait même pas qu'il lui est arrivé quelque chose de grave. C'est tellement facile de s'éloigner des gens qu'on côtoyaient quotidiennement jusque là et qui tout à coup ne sont plus que des connaissances dont on prend des nouvelles de loin en loin.
Ce livre m'a fait prendre conscience que, tout comme Vincent, je m'éloigne lentement de mes amis "d'avant", que nos échanges de mails sont de plus en plus espacés. Et j'ai compris que je ne voulais pas découvrir un beau matin que j'avais perdu l'un d'entre eux à jamais.

Le seul bémol du livre, c'est la fin, pas très crédible. Mis à part ces quelques lignes, il n'y a rien à redire. Encore une fois, Jean-Philippe Blondel a tapé très fort, très haut. Merci à lui.


Publié dans Critique d'oeuvre

Commenter cet article

anjelica 10/10/2007 10:04

Je n'ai pas réussi à accrocher à cet auteur :(

Charlie Bobine 26/09/2007 22:14

Je n'ai encore jamais lu cet auteur, mais je le note :D J'ai l'impression que ça me rejoindra aussi.

Emeraude 22/09/2007 10:29

et moi aussi, j'ai toujours envie de lire celui là, malgré le fait que je n'ai pas trop aimé ce que j'ai lu de lui jusque là.Quant au fait de perdre tes amis, soit tu continues d'envoyer des mails régulièrement, soit tu acceptes d'avoir de leurs nouvelles une fois tous les 6 mois parce que c'est la vie, et ça ne veut pas pour autant dire que vous vous aimez moins.Mais tu rentres tous les week ends ou presque, non ?

Flo 20/09/2007 20:31

Après la critique d'ICB, la tienne renouvelle mon envie ... Vivement que je le lise !!

Stephanie 19/09/2007 22:41

il faut vraiment que je lise l'un de ses romans :)j'en ai acheté un maintenant, reste à le lire!!!