Ici les vices sont sans conséquences. Mais le ridicule tue.*

Publié le par Amy

Exceptionnellement, je vais sortir du cadre habituel de mes chroniques, chers Bérénice addicts, pour réagir à une bien triste nouvelle. Comme chaque jour, je suis allée vérifier mes mails avant de partir déjeuner, et j'ai alors appris la mort de Bernard Giraudeau. Je n'ai pas pour habitude de m'émouvoir du sort des gens célèbres, mais certaines de ces personnes sont plus chères à mon coeur que bien des membres de ma famille. Bernard Giraudeau en fait partie.

 

J'ai eu la chance de le voir sur scène en 2000 dans la pièce Beckett ou l'honneur de Dieu (mise en scène, Didier Long), mais surtout, j'ai pu lui parler lors d'une édition du Festival Etonnants Voyageurs à Saint Malo. Je lui avais alors demandé s'il accepterait de dédicacer mon programme de Beckett, et même des années après, dans un contexte tout à fait différent, il s'était prêté au jeu, de bonne grâce. Il avait écrit les mots Amitiés et Bises. Ses yeux bleus ravageurs avaient dévastés mon petit coeur tout mou (ainsi que celui de ma mère, présente ce jour-là. Avoue maman, il n'y a pas de honte à cela !). Je garde le souvenir d'un homme discret, réservé, mais courtois et disponible.

 

Du haut de mes treize ans, j'avais découvert cet acteur merveilleux dans le film Ridicule de Patrice Leconte, qui fut longtemps mon film préféré. Je me souviens de Viens chez moi, j'habite chez une copine, La Boum, Marthe, La petite Lili, Marquise, La Reine Blanche...

 

Peut-être suis-je une midinette qui s'émeut un peu vite de la mort d'un acteur de théâtre et de cinéma, d'un réalisateur et d'un écrivain. Pourtant, ma tristesse est bien réelle et mon coeur fendillé à l'annonce de la mort de Bernard Giraudeau. J'aurais toujours en tête ses larmes lors de la cérémonie des Molière, lorsque sa fille Sara a reçu le trophée du meilleur espoir féminin et qu'elle s'est adressée directement à lui.

 

Certains êtres humains vous apportent beaucoup, même en n'étant pas dans notre quotidien, par leur talent, leur intégrité, leur faculté à marquer leur époque.

 

Merci, Monsieur Giraudeau,

Salut l'artiste...

 

*phrase d'accroche sur l'affiche du film Ridicule

Publié dans Emotions en tout genre

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Celsmoon 17/07/2010 17:41



Oh que je partage ta tristesse ! J'ai un de ces romans à la maison et je n'y ai pas encore touché mais je crois que je vais accélerer la lecture ...