Elle fait les galettes, c'est toute sa vie - Karine Fougeray

Publié le par Amy

Elle fait les galettes, c'est toute sa vieHier, quand je suis rentrée chez moi, j'avais un mot de la concierge dans ma boîte aux lettres me disant "Mademoiselle L., un colis vous attend à la loge." Mon petit coeur s'est emballé, parce que je savais de quoi il s'agissait. Je croyais avoir fait un bon calcul en commandant le livre sur Internet vendredi. "Expédié dans les 24 heures" qu'ils disaient. Tu parles Charles, quatre jours qu'il a fallu pour que je le tienne enfin dans mes petites mains émues et tremblantes. Le comble, c'est qu'en allant à la FNAC lundi, je l'ai vu, mais je n'allais quand même pas l'acheter !

Donc hier soir, je me suis tatée : lire ou ne pas lire, telle était la question. J'ai déjà un livre en cours, que j'ai du mal à finir, et j'essaie de ne pas avoir plusieurs livres entamés en même temps. Pour résoudre, le problème, il fallait donc que je finisse "Elle fait les galettes, c'est toute sa vie" dans la soirée. Mission pas trop compliquée, compte tenu de l'épaisseur du dit livre.

J'ai adoré ce recueil de nouvelles, j'y ai retrouvé tout ce que j'aime : des personnages très présents, l'état d'esprit de ma contrée, les paysages de mon enfance. Karine Fougeray a beau ne citer que rarement des noms de lieu, j'ai tout de suite reconnu les lieux où j'ai grandi. Comme elle, je suis née à Saint Malo, comme elle, je suis partie à Paris. J'espère juste ne pas y rester 17 ans, comme elle, je crois que je deviendrai folle. Elle a la chance d'être revenue au pays, et je crois avoir compris qu'elle habite Saint Suliac, mon village préféré, là où les habitants sont les plus chaleureux, là où j'aimerais un jour avoir une maison et vivre face à la beauté de la Rance.

En lisant, j'ai eu tour à tour envie de rire et pleurer. J'ai beaucoup sourit aussi, notamment lors de la lecture de la première nouvelle, un bijou d'humour. Tous les étés, il arrive la même chose : les touristes qne savent pas ce que c'est qu'un marée, garent leur voiture là où il est strictement interdit de le faire (pas pour les emmerder, juste parce que l'eau monte et que c'est dangereux) et retrouvent leur véhicule noyé. Et bien oui, elle est vivante la mer, elle monte et elle descend plusieurs fois par jour !

J'ai retrouvé Cancale et sa chapelle Sainte-Anne, Saint Suliac, dernier village à fêter dignement la Saint Jean, dans la plus pure tradition. Les chants de la Saint Jean (Mon amant de Saint Jean), les hommes qui portent l'arbre que l'on va brûler à bout de bras jusqu'en haut du mont Garrot (mon frère l'a fait l'année dernière, qu'est-ce que j'étais fière !), les archers qui enflamment l'arbre, le cidre qui coule à flot).

J'ai eu l'impression d'être de retour chez moi, et je sais que quand j'aurai le cafard, je peux compter sur Karine Fougeray pour me faire voyager et rentrer à la maison. Merci mille fois, continuez à écrire, enchantez-nous. Je ne vous remercierai jamais assez pour ce moment de lecture que je pourrai renouveller à l'infini. Merci.

Karine FOUGERAY - Elle fait les galettes, c'est toute sa vie - Pocket - 2007

Le blog de Plume Salée, alias Karine Fougeray, ici.

Ici, les avis d'Hélène, Clarabel, et Lily

Publié dans Critique d'oeuvre

Commenter cet article