La solitude des nombres premiers - Paolo GIORDANO
Alice et Mattia ont deux destins parallèles. Elle est une petite fille blessée physiquement par un accident de ski alors que Mattia est blessé psychologiquement car il se sent responsable de la disparition de sa soeur jumelle. Ils se rencontrent au lycée et leurs vies seront ensuite irrémédiablement liée.
J'ai beaucoup aimé ce premier roman d'un jeune auteur italien. J'avoue avoir eu des craintes en lisant sur la quatrième de couverture " plus d'un million d'exemplaires en Italie ". Je ne sais pas si vous avez vu la teneurdes commentaires que j'ai reçu sur le livre de Federico Moccia " J'ai envie de toi " , roman italien qui a eu beaucoup de succès là-bas, et que je n'ai pas aimé pour ma part, mais je n'avais pas envie de revivre la même expérience. Chat échaudé...
Et puis, dès les premières pages, la sauce prend, on s'attache aux personnages, même si ceux-ci nous renvoient vers notre " moi " le plus sombre. On a envie de prendre Alice et Mattia par la main et de les guider vers la lumière, de les sortir des situations inextricables dans lesquelles ils s'empêtrent douloureusement. Ces deux jeunes gens sont deux handicapés de la vie, deux blessures vives qui ne cicatrisent jamais, et pourtant, l'auteur ne tombe pas dans le misérabilisme et la pitié. Et, parce qu'il essaie de tirer ses personnages vers le haut, parce qu'il en fait des êtres intelligents et volontaires, même dans l'auto-destruction, on aime son texte sans lui tenir rigueur des quelques maladresses de débutant qui l'émaillent.
Je vous recommande chaudement cette lecture car découvrir de nouveaux auteurs prometteurs, qui ont déjà un style défini et intéressant, c'est toujours réconfortant pour un lecteur. On se dit qu'on ne sera définitivement pas en manque de lecture, au cas où en aurait douté !