Qui suis-je ?
Je suis une jeune bibliothécaire qui souhaite partager ses lectures avec le plus grand nombre
J'ai la chance de faire partie du Club des Théières
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
(Jean RACINE)
Je suis une jeune bibliothécaire qui souhaite partager ses lectures avec le plus grand nombre
J'ai la chance de faire partie du Club des Théières
J'avais envie de vous parler d'un livre adapté au cinéma et qui sort en DVD aujourd'hui. Il s'agit de "Je vais bien, ne t'en fais pas" d'Olivier Adam. Le film a été réalisé par Philippe Lioret, et a remporté deux césars le 24 février dernier, celui du meilleur espoir féminin pour Mélanie Laurent et celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Kad Mérad.
J'ai lu ce livre en 2004, sur les conseils d'une bibliothécaire, qui était ma responsable de stage. C'est à cette occasion que j'ai découvert l'écriture d'Olivier Adam. J'ai été profondément bouleversée par ce roman, j'ai donc poursuivi avec "A l'Ouest" et plus récemment "Falaises" et "Passer l'hiver". Olivier Adam a également écrit pour les enfants. Nous avons la chance de pouvoir compter sur de jeunes auteurs prometteurs pour prendre la relève et Olivier Adam en fait partie, tout comme Philippe Besson que j'aime particulièrement. C'est rassurant de se dire qu'il existe des types comme lui, moi ça me rassure en tout cas. Le livre est un petit bijou, il sonde les sentiments humains en profondeur, montre toutes les facettes d'une même personnalité. Quand il le faut, il sait aussi être tout en nuances et en pudeur. Il y a une vraie patte, un vrai style "Olivier Adam".
En allant au cinéma, j'avais un peu peur du résultat, même si l'auteur a participé à l'adaptation de son livre avec Philippe Lioret, le réalisateur. Et bien, je suis ressortie de la salle les yeux rouges, incapable de parler pendant quelques minutes (ça tombe bien, je suis allée voir le film seule, conc personne ne m'a demandé mon avis). C'est de plus en plus rare qu'un film m'émeuve à ce point, du coup, il restera gravé à jamais dans ma mémoire. Mélanie Laurent est vraiment formidable dans le rôle de Lili, et d'ailleurs tous les acteurs sont extraordinaires. C'est pour cette raison que je suis allée dans une grande surface culturelle hier soir, pour acheter le DVD de Marie-Antoinette (dont je suis fan également) et là, alors que je ne m'y attendais pas puisqu'il était annoncé pour aujourd'hui, je suis tombée sur le visage de Mélanie Laurent et j'ai rapporté le DVD chez moi, triomphante. J'étais super contente. J'ai regardé le film dès hier soir, et même si l'émotion n'était pas tout à fait intacte, même si je n'ai pas sangloté, j'étais quand même bouleversée par cette histoire. J'étais presque fière d'appartenir au clan de ceux qui avaient vu le film en salle, l'avaient aimé et défendu.
Emotifs, s'abstenir...

Chose promie, chose due, je vais vous parler d'Ensemble, c'est tout, un livre d'Anna Gavalda et un film de Claude Berry.
En allant voir le film, je me demandais comment le réalisateur pourrait rendre l'écriture d'Anna Gavalda, toutes ces petites impressions qu'elle distille au long de son roman. J'avais peur que le tout soit mièvre, ce qu'on a reproché au livre mais je ne suis pas du tout d'accord avec cela. Quand je l'avais lu en juillet 2004, j'avais été très émue par l'écriture, par la rencontre de ces quatre destins qui n'étaient pas destinés à se croiser. Je ne m'étais pas demandée si c'était bien écrit, je m'étais laissée emportée par mes sentiments. Je l'ai relu deux ans et demi plus tard et même si j'étais moins bouleversée par cette relecture, mon impression était toujours favorable. Les personnages sont terriblement attachants et même si cela peut paraître paradoxal, c'est en Philibert que je me suis le plus identifiée. Mes angoisses ne ressortent pas par le bégaiement, mais je mange mes ongles et mes lèvres, plus d'autres petites choses. Bref, c'est le genre de lecture qui marque ma vie de lectrice.
Et bien le film ne m'a pas déçu, au contraire. Ce n'est pas un film réussi au sens propre du terme, il est bourré d'imperfections, dans la réalisation notamment, mais quand je suis sortie du cinéma, je sanglotais. Les rôles de Philibert et Paulette sont remarquablement interprétés et je me suis laissée submergée par l'émotion pendant toute la dernière demi-heure du film. Je ne saurais pas expliquer pourquoi de manière rationnelle, c'est l'ambiance générale du film, la musique, les rôles secondaires, les décors, tout un ensemble, qui m'ont littéralement retournée. Audrey Tautou et Guillaume Canet interprètent assez justement Camille et Frank mais il était difficile pour eux d'interpréter les pensées très intimes qu'Anna Gavalda avait semé dans son roman.
Je pense que le film vient en complément de la lecture du roman, il faut d'abord lire l'ouvrage puis aller voir le film. Quand en plus on a été ému par sa lecture, le film permet de mettre des images sur des mots. Ce n'est pas un "grand" film, c'est une petite bulle d'émotion supplémentaire pour les êtres sensibles qui ont aimé le roman d'Anna Gavalda.
Ian McEwan raconte la vie d'une famille anglaise dans une vieille maison au milieu de nulle part,
les habitations environnantes ayant été démolies en prévision de la construction d'une autoroute qui n'a jamais vu le jour. Le père meurt d'une crise cardiaque alors qu'il recouvrait le jardin
familial de ciment. La mère reste seule avec ses quatre enfants. Bientôt trop fatiguée, elle ne quitte plus son lit avant de mourir à son tour. Les quatre enfants restés seuls décident d'enterrer
secrètement leur mère dans la cave et de cacher sa mort afin d'échapper à l'assistance publique. Livrés à eux-mêmes, Jack, 14 ans, Julie, 17 ans, Sue et Tom le petit dernier, s'organisent une
existence autonome.
Affiche du film d'Andrew Birkin, sorti en France en décembre 1993
Pour moi, Cement garden ou Le jardin de ciment est d'abord un film. Je l'ai découvert, jeune adolescente, pendant des grandes vacances. Je zappais quand je suis tombée
sur ce film à l'atmosphère étrange mais qui avait l'avantage d'être en V.O. Je n'aimais pas les cours d'anglais au collège, mais j'aimais beaucoup la langue anglaise et j'étais émerveillée de
pouvoir parler une autre langue que la mienne. Bref, je suis restée scotchée sur ce film, pourtant très glauque. C'est Charlotte Gainsbourg qui incarne la soeur aînée de la famille, et
j'éprouvais une admiration sans borne pour cette fille. Je ne suis jamais tombée sur une rediffusion de ce film a la télévision, ce qui m'a d'autant plus intrigué.
Bien des années plus tard, j'ai découvert Ian McEwan, encore en cours d'anglais, à l'occasion de la sortie de son best seller Expiation, ou Atonement en V.O. J'ai alors vu dans
sa bibliographie qu'il avait écrit un roman s'intitulant Le jardin de ciment. Toutefois, je ne me sentais pas prête à me plonger dans son roman, car il me restait des souvenirs de son
adaptation cinématographique, qui m'avait alors quelque peu choquée, compte tenu de la jeune fille très pudique que j'étais.
Je me suis décidé cette année à l'acheter, après être passée à côté pendant un dîner livre-échange. Et bien, pour la première fois je crois dans ma carrière de lectrice, j'ai préféré le
film au livre. Je ne sais pas comment c'est possible, mais les non-dits sont mieux rendus à l'écran que par écrit. Les personnages sont plus profonds, leurs émotions plus limpides, sans être trop
martelées. L'atmosphère est toute en nuances. Le livre, s'il est bien écrit, passe trop du coq à l'âne.
Si vous êtes des midinettes, n'oubliez pas que Expiation sort aujourd'hui au cinéma sous le titre Reviens-moi.
A l'évidence, il s'agit d'un film romantique fait pour tirer
des larmes, mais j'ai vraiment envie de savoir comment il est possible d'adapter un tel roman, je vais donc filer au cinéma ce week-end !
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