Allumer le chat - Barbara CONSTANTINE

Publié le par Amy

Allumer le chat" Il se plante devant la porte ouverte, jambes écartées, poings sur les hanches. Il hume l'air. La nuit s'annonce douce et tranquille. Mais d'un coup, ses sourcils se froncent, et une ombre passe, et sans se retourner...

- Passe-moi le fusil, j'vais allumer le chat !

Il n'a pas bu pourtant, juste quelques verres de rouge au dîner, autant dire rien.

- Et pourquoi tu veux l'allumer, dis ?

- Quand il  me regarde, j'ai l'impression qu'il se fout de ma gueule. Alors là, j'en ai marre... Je vais lui régler son compte à ce salopard ! "

Voici un vrai OVNI littéraire ! Lu en deux heures et demi dans le train, ce roman est complètement déjanté. La promesse de Daniel Picouly, inscrite sur la quatrième de couverture, qui dit que "Les Deschiens ont fait un enfant à Queneau" est parfaitement tenue.

L'histoire de départ, c'est un petit garçon de cinq ans et demi, Rémi, qui est confié par sa mère à ses grands-parents qu'il n'a jamais rencontré. Le petit Rémi souffre d'eczéma, et son grand-père a un don qui permet de guérir tout un tas de malades, notamment celle-là. Mine, sa grand-mère, lui fait découvrir le piano, ce qui ravit le petit garçon.

Pendant ce temps-là, la mère de Rémi, Josette, découvre que son mari Martial la trompe. Avec Edith, sa meilleure amie depuis le CP en plus ! Acculé par sa femme, Martial part annoncer à Edith que tout est fini entre eux, mais sur le chemin du retour, un cerf percute sa voiture, " traverse le pare-brise et atterrit sur les genoux de Martial ".

Tout le livre est comme cela, bourré de quiproquos, de personnages attendrissants qui nous font rencontrer d'autres personnages tous plus déjantés les uns que les autres. Cet enchevêtrement est très simple à suivre, je vous rassure. La narration est menée tambour battant, on ne perd pas de temps avec des formules toutes faites. L'inventivité de l'auteur est telle qu'on peut affirmer en fermant le livre que jamais on n'a rencontré des situations ou des personnages aussi hauts en couleur.

Ainsi, le croque-mort se prend pour un artiste et prend des photos de ses "clients" les plus intéressants pour publier un livre de photographies artistiques. Le directeur des pompes funèbres a baptisé ses fils Pierre, Paul et Jacques. Marie-Rose a décidé d'écrire un livre de recettes, et l'une d'elle est nommée : " le ragoût de vipère à la purée de châtaigne ". Tout est de cet acabit, c'est dire !

Merci à Barbara Constantine pour ce réjouissant petit livre (258 pages) qui m'a vraiment fait passer un bon moment. J'ai failli rater la gare vendredi soir, tellement j'étais absorbée dans ma lecture !

Quelques titres de chapitres pour vous donner envie : " Bastos, chat-philosophe très pédant (mais pas pédé...) ou " Le gendarme croit que c'est son jour de chance, mais en fait, non ".

L'avis de Cuné, Bernard

Publié dans Critique d'oeuvre

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Florinette 06/03/2007 11:20

Tu me donnes vraiment envie de le lire ! ;-)

Amy 06/03/2007 15:17

C'est ma plus grande récompense, Florinette. J'ai souvent peur de ne pas exprimer correctement mes émotions, mais tu me rassures, merci beaucoup !