Une fois n'est
pas coutume, j'ai décidé aujourd'hui de vous parler de musique. Hier soir, j'étais à l'Olympia pour assister au concert de Vincent Delerm. C'est la première fois que
j'allais dans cette salle parisienne (ben oui, pas d'argent, pas l'occasion, pas le déclic de regarder la programmation sur Internet). Les billets étaient vendus à un prix très abordables et j'ai
tous les albums de Vincent Delerm, donc c'était l'occasion ou jamais. J'étais très bien placée, au cinquième rang dans l'orchestre, pile dans l'axe du regard du beau Vincent. Je ne me fais pas
d'illusion, il ne m'a pas vue, mais moi, je le voyais super bien !
Hier soir, je n'ai pas assisté à un concert mais à un spectacle : effets de lumière, mise en scène, tout était réussi. Vincent a chanté trois titres inédits, dont un m'a fait pleurer. Et puis, tout s'est emballé : sans savoir comment, on en était déjà à la moitié du spectacle, dixit l'artiste qui, pour laisser ses musiciens souffler un peu, nous a raconté des blagues. Oui, drôles. Lors du premier rappel, une grosse surprise nous attendais : Jean Rochefort est venu chanter "Félicie aussi". C'était incroyable, il n'a pas pu chanter pendant environ deux minutes tellement on applaudissait et on criait. Vincent est revenu sur scène, encore et encore. En tout, il a chanté deux heures, les deux heures les plus heureuses depuis mon arrivée à Paris je crois.
Je n'ai qu'un regret : je n'ai partagé cela avec personne. J'étais seule au concert, je n'avais pas une amie, un parent ou un amoureux vers qui me tourner, personne qui m'aurait dit "Il est incroyable ce type !". Je n'avais personne à la sortie du concert pour me dire "On a passé une super soirée, tu ne trouves pas ?", personne avec qui décortiquer mes émotions, avec qui rire des meilleurs moments du concert. Ce qui m'a immédiatement plongée dans la vacuité de mon existence : je ne fais rêver personne moi, pas comme ce mec qui s'est démené toute la soirée sur scène pour nous amuser. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je sors d'un concert, surtout si j'ai passé un moment formidable, je suis vaguement mélancolique, sûrement parce que ça me renvoie à ma condition d'être humain extrêmement banal, sans talent ni fantaisie. C'est embêtant, mais c'est comme ça.
Merci à Vincent Delerm, Jean Rochefort, Irène Jacob et aux musiciens d'avoir enchanté ma soirée, et m... à ceux qui se moquent de ce trentenaire talentueux.
Les jours prochains, je vous parle du festival "Etonnants voyageurs" que j'ai visité ce week-end et je vous fais un compte-rendu du livre de Cathy Kelly.

" Si j'avais eu un peu d'intuition, je ne serais jamais entrée dans cette boutique au néon clignotant, un néon qui hoquetait fièrement Mariage 2000. Un soir où je descendais le boulevard Magenta, j'avais repéré de loin sa grande enseigne rose et son offre imbattable sur la vitrine : -20 % suries voiles en mousseline. Et, quand j'ai vu la petite annonce, Recherche personnel urgent, je n'ai pas pu résister. " 





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