Qui suis-je ?

Je suis une jeune bibliothécaire qui souhaite partager ses lectures avec le plus grand nombre

 

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J'ai la chance de faire partie du Club des Théières

Vendredi 27 avril 2007

Bonjour à toutes et à tous !

Je suis rentrée de vacances la semaine dernière, mais il a fallu reprendre le rythme métro-boulot-métro-dodo (qu'est-ce qu'on a une vie de con ici quand même !... enfin, je parle pour moi). Je n'avais pas franchement envie de rentrer, et en plus, dans ma boîte aux lettres, m'attendait une lettre de Redon, pour me dire que ma candidature n'avait finalement pas été retenue. Mon retour en Bretagne n'est donc pas pour tout de suite... Quelle poisse ! Bon, je ne suis pas au chômage, donc je ne suis pas désespérée, mais quand même, je suis impatiente. Ici, la température monte, j'ai souffert de la chaleur pendant 2 mois l'année dernière, je n'ai pas envie de souffrir pendant 4 mois cette année. Au moins chez moi, il y a l'air de la mer. Et puis ce n'est pas pollué, comme ici.

Bref, un peu de patience, d'ici le début de la semaine prochaine, je reprends mes chroniques. Merci de votre compréhension. 

par Amy publié dans : Blablabla
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Dimanche 8 avril 2007

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Je vais être absente quelques jours pour raison de vacances. En fait, pour tout vous avouer, je devais partir vendredi en Irlande avec mes parents et mon frère. Le voyage était prévu depuis février, mais entre temps, j'ai postulé à un emploi d'Assistant qualifié de conservation du patrimoine et des bibliothèques auprès de la ville de Redon, et... ma candidature les intéresse !!! Je suis donc convoquée mardi 10 pour un entretien. Le hic, c'est que j'ai dû renoncer à une partie du voyage. Je sais, cela paraît futile de regretter un voyage alors que j'ai une chance de rentrer en Bretagne, chez moi, pour exercer mon métier adoré. Mais je rêvais à ce voyage depuis... des lustres, on ne repartira pas tous ensemble avant au moins un an, et compte tenu de mon âge avancé, je n'aurais peut-être plus l'occasion de partir en famille du tout ! Bref, j'ai coupé la poire en deux : mardi matin, je vais à mon entretien et ensuite, je prends l'avion pour rejoindre ma famille chérie à Dublin. Elle me coûte cher la poire, mais bon...

A bientôt donc !

par Amy publié dans : Blablabla
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Dimanche 8 avril 2007

Extra-murosVous allez me dire : pourquoi tu ne nous parles pas du livre que tu as mis en "lecture du moment" depuis plusieurs jours, à savoir "Une situation légèrement délicate" de Mark Haddon ? Parce que ce dernier, je l'ai acheté, donc je peux le lire quand je veux, alors que celui dont je vous parle aujourd'hui, je l'ai emprunté à la bibliothèque pour laquelle je travaille, donc je dois le rendre à une certaine date. Et puis, je l'avais vu passer lors d'un lointain comité romans, j'avais persuadé mon responsable de le commander, et il est enfin arrivé mercredi dernier. Je n'ai pas pu résister, je l'ai emprunté, surtout que je rentrais chez moi pour deux semaines, donc je ne l'aurais pas revu de sitôt.

Gérard Levant, jeune homme surdiplômé, est en proie à la précarité. Pour ne rien arranger, il habite en banlieue parisienne. Ses cinq années d'études post-bac en philosophie ne lui servent à rien pour essayer de trouver un emploi stable. Il nous raconte ses galères, les concours qu'ils passent sans succès, ses courses au supermarché qui sont de véritables parcours du combattant, les visites de l'huissier qui emmène l'armoire bretonne, ses entretiens à l'ANPE. Gérard écrit, mais tous ses manuscrits sont refusés. Gérard a une voiture, mais elle ne résiste pas à ses chevauchées sauvages sur le périphérique. En fait, dans la vie de Gérard, il y a toujours un "mais".

J'ai beaucoup aimé ce roman, pour une grande part autobiographique, que j'avais défendu lors du comité romans. La violence qui en ressort est assez effrayante, car on a l'impression que tous les mots qui naissent de la plume de l'auteur sont dictés par la haine :

"Ces crises ont eu raison de ma vaisselle. Je n'ai plus ni assiette ni verre. J'ai remplacé tout ça par la camelote en plastique ou carton. Je fais moins de dégâts maintenant. A la place je tape de toutes mes forces sur les murs et je gueule : CA VA S'ARRETER ! CE PUTAIN DE CIRQUE VA S'ARRETER OU QUOI ? " Puis je m'arrête. Ils vont croire que je suis fou sinon."

Là, évidemment, on ne se rend pas bien compte, mais c'est une escalade, une montée en puissance tout au long du roman. Et pourtant, le narrateur dépense déjà beaucoup d'énergie toute la journée, lorsqu'il cherche un emploi ou qu'il travaille lorsqu'il a trouvé un contrat de quelques jours. En lisant cet ouvrage, on comprend mieux à quel point les pouvoirs publics se foutent des problèmes de chômage chez les jeunes, à quel point la vie en banlieue est difficile à supporter (ce dont je ne doutais pas, mais qui semble une réalité lointaine quand on a grandi dans un univers protégé comme le mien). Ce type se débat dans tous les sens, on ne peut pas dire que c'est un fainéant qui attend que ça se passe (cliché bien connu, mon propre père s'est trouvé deux fois au chômage et dans ma propre famille on entendait que s'il le voulait vraiment, il retrouverait un emploi), et pourtant toutes les portes se ferment. J'ai expérimenté les rendez-vous ANPE, les demandes de formulaires aux ASSEDIC à la fin de mes études, ça n'a pas duré longtemps, mais à chaque fois que je revenais de là-bas, j'avais juste envie de me cacher sous ma couette et la nette impression d'être une sous-merde, une de plus à vouloir passer des concours de la fonction publique. Donc, dans une moindre mesure, je peux comprendre les angoisses du narrateur.

Un reproche toutefois, je ne peux pas laisser passer cela sans broncher : qu'avez-vous à reprocher aux bibliothécaires Monsieur Bellamy ? " A droite, la bibliothécaire joujoute tranquillement : elle fait du bip-bip au mulot. Une observation qui m'a confirmé une fois encore à quel point ce boulot était vraiment tranquille. Tu te lèves le matin, tu vas au job, tu nourris aux pièces de monnaie la machine à café, tu cuves ton expresso dix minutes, tu t'en sers un autre et ainsi de suite. [...] Le pépin, c'est de réussir à rentrer."

Sans rancune, c'est un cliché très  commun, j'en ai assez d'expliquer que non, je ne me tourne pas les pouces toute la journée, pas plus que je ne lis à longueur de temps. A bon entendeur...

par Amy publié dans : Critique d'oeuvre
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Lundi 2 avril 2007

InsecteEn 19 nouvelles, Claire Castillon décortique les relations mère-fille. Elles peuvent être fusionnelles, destructrices violentes, douces, mais elles sont toujours au coeur de nos vies de femmes. En 19 nouvelles, l'auteur essaie de dresser une liste de tout ce qui peut guetter les mères et les filles : syndrome de Münchhausen par procuration, mère battue par sa fille, fille trahie par sa mère lorsque celle-ci couche avec son mari. Bien sûr, il y a aussi du positif qui ressort de tout cela, mais la violence est presque omniprésente.

Pour autant, ce qui prédomine, c'est la qualité de l'écriture. J'ai vraiment découvert un auteur formidable capable de planter le décor d'une histoire familiale en quelques pages. Je n'avais jamais rien lu de Claire Castillon et je pense que je renouvellerai l'expérience avec plaisir. Ces nouvelles m'ont marquées et m'ont permis d'apprécier ma propre relation avec ma mère.

"Pourtant je vais y aller, j'ai le ménage à finir, la flaque d'eau à masquer, sur le tapis de l'entrée. Je veux rentrer chez moi et attendre mon Jules comme on attend l'enfant la main sur le ventre, pour lui dire qu'on est là, l'apaiser, tout est calme. Nénette dort bien. Je me lève et je prends mes affaires.  Je vais quitter l'hôpital, ils sauront la placer, en plus, sans prénom, c'est bien moins compliqué. Je vais aller dans un centre me faire lipoaspirer, demain Jules rentrera, il me trouvera changée, mais moi je lui dirai qu'il est parti longtemps, et que ça m'a chamboulée. S'il voit mes points de suture, je lui dirai que je suis tombée. Au revoir mon bébé."

 

par Amy publié dans : Critique d'oeuvre
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Dimanche 1 avril 2007

Ronde de nuitLondres, 1947. Quel fantôme du passé hante Helen qui subit, désemparée le lent délitement de sa liaison interdite avec Julia, une jeune auteur à succès rencontrée pendant la guerre ? Pour quelles raisons Kay, une ancienne héroïne du Blitz erre-t-elle désormais, inconsolable, dans les rues de la ville ? Pourquoi Viv, une jeune femme douce et glamour, ne parvient-elle pas à quitter son amant, un ancien soldat marié et père de famille ? Quel secret cache Duncan, l'intrigant petit frère de Viv, en se réfugiant dans le monde de l'enfance et en refusant tout échange avec l'extérieur ?

Encore une fois, Sarah Waters montre à quel point elle maîtrise les ficelles de la narration, à quel point elle sait entretenir le mystère jusqu'à la fin. Le récit commence en 1947 pour se terminer en 1941, de sorte qu'on ne peut pas comprendre tout à fait pourquoi les personnages en sont là où ils en sont en 1947 avant d'avoir lu les dernières pages.

Encore une fois, l'auteur m'a emmenée toute entière dans son récit. Quand on lit Sarah Waters, on ne pense pas à autre chose, on est entièrement dans l'histoire, à côté des des personnages. En l'occurence, on marche à leurs côtés pendant le Blitz, et parfois, j'ai eu envie de prendre mes jambes à mon cou pour ne pas rester sous le déluge de bombes qui s'abattent sur Londres !

D'habitude, Sarah Waters inscrit ses romans dans la période victorienne. C'est la première fois qu'elle change son ancrage historique. Même si tout est parfaitement maîtrisé, peut-être à cause de cela d'ailleurs, ce n'est pas son roman qui m'a le plus ému. Vous savez tous à quel point "Du bout des doigts" m'a profondément bouleversé. Mais je suis une fois de plus admirative du talent de Sarah Waters pour raconter des histoires, c'est une virtuose de l'écriture, elle réussit formidablement bien à camper un contexte historique, à faire vivre des personnages plus que convaincants. Pour moi, cette femme est un grand écrivain dont les professeurs pourraient parler pour inciter les jeunes à la lecture. Dès qu'un de ses livres rentrent à la bibliothèque, je le mets sur un présentoir et dans l'heure qui suit, il est repartit. Ames sensibles, attention toutefois. Certains passages m'ont fait frissonner. Préparez-vous à être remués jusque dans vos tripes.

"Il nous est arrivé ce qui est arrivé à des millions d'entre nous. Qui n'a pas perdu quelqu'un, quelque chose de précieux ? Je peux marcher dans n'importe quelle rue de Londres, je n'aurais qu'à tendre le bras pour toucher un homme ou une femme qui a perdu un amour, un enfant, un ami... Mais je... je n'y arrive pas, Mickey. Je n'arrive pas à me remettre, à me reconstruire". Elle eut un rire triste. "Me reconstruire. Quelle drôle de formule. Comme si la douleur était quelque chose qui vous éparpille dans tous les sens, comme une poupée cassée, et que l'on devait retrouver les morceaux et les remboîter avant de continuer... J'ai perdu des morceaux, Mickey, je ne retrouve plus rien. Et je ne crois pas avoir envie de continuer, c'est surtout ça. Ma vie, elle est en morceaux, je suis une poupée cas..."

par Amy publié dans : Critique d'oeuvre
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Lecture en cours

 

             Nous vieillirons ensemble       

   

  Nous vieillirons ensemble - Camille de PERETTI
 



Livres en attente de chronique :

Contes de la Bécasse - Guy de MAUPASSANT

Le sceau du secret - Charlotte LINK

    Crime et couches-culottes - Jennifer WEINER

People or not people - Lauren WEIBERGER 

Un secret - Philippe GRIMBERT

L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson - Joëlle TIANO

 La ménopause des fées tome 3 : La nuit des porcs vivants- GUDULE

Les variations Goldberg - Nancy HUSTON

La prime - Janet EVANOVICH 

La rêveuse d'Ostende - Eric-Emmanuel SCHMITT

Inconnu à cette adresse - KRESSMAN TAYLOR

La célibataire - Carrie ADAMS

 God save les Françaises - Stephen CLARKE

 
Le Diable s'habille en Prada - Lauren WEISBERGER

Saga - Tonino BENACQUISTA

Robert des noms propres - Amélie NOTHOMB

Réponds, si tu m'entends - Marian KEYES

Mal de pierres - Milena AGUS

Auprès de moi toujours - Kazuo ISHIGURO

A la recherche du bonheur - Cathy Kelly




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