Fin 1943, Paris vert-de-gris est noyé, rayé, rincé. Les gens se méfient les uns des autres. Ils ne s’aiment pas. Ils marchent à la lettre anonyme. À la
dénonciation. Pourtant, dans les boxons de Montmartre et de Montparnasse, dans les guinguettes privées d’orchestre des bords de Marne, dans des caves calfeutrées, quelques-uns résistent. Filles
de joie, anciens malfrats du Topol, petites frappes et petites gens, certains croient encore au salut du genre humain. À la liberté. À la paix. Au bonheur à venir, à revenir. Leur héros? Blèmia
Borowicz, dit Boro. Toujours prêt à se battre partout où sévit la barbarie. Un pas, une canne... Le reporter boiteux galvanise les patriotes de l’ombre. Il les entraîne à sa suite. Pour les uns,
il est Bouvier, le résistant, le chevalier blanc de la photo de reportage. Pour les autres, il est le métèque, le juif, l’Untermensch. Lafont, Bonny, Abel Danos, grosses pointures du banditisme
et gestapistes notoires, sont à ses trousses. Tantôt, c’est un ange qui surgit à point nommé - un ange de 16 ans, Tulipe, radieuse apparition dans le ciel de suie. Tantôt, c’est une mystérieuse
courtisane japonaise.
Je vous parlais il y a peu de Boro, héros au grand coeur qui pour moi, incarne la classe. Je viens de terminer le septième tome de ses aventures, et déjà, je suis en manque. Quel
homme !!! Boro est un héros de la résistance dans ce tome, ce que l'on pressentait dans les deux tomes précédents. Car oui, c'est déjà le troisième volume qui se déroule pendant la Seconde Guerre
mondiale. C'est vrai que c'est une période féconde en rebondissements, mais je commençais à me lasser de ce cadre, surtout que la Guerre froide ne manque pas de piquant non plus. Toutefois,
me voilà rassurée, on assiste au débarquement à la fin du roman, ainsi qu'à la libération des camps de concentration.
Boro est dans son élément : il a établi son quartier général au beau milieu d'un bordel parisien, ce qui lui assure une couverture géniale. Les femmes n'ont qu'une envie : le protéger des griffes
de l'occupant ! Avec ses acolytes (pas piqués des hannetons les acolytes, je peux vous le dire...), il essaie de cacher des familles juives, mais à cause d'un "bon" français, tout le monde est
mitraillé. Tout le monde sauf David, un petit garçon que se retrouve orphelin et que Boro décide d'adopter. Bon, entre paranthèses, c'est très touchant, mais on a du mal à y croire. Un type qui
ne s'intéresse qu'aux femmes et dont on ne fait qu'entrevoir les blessures secrètes, qui décide d'adopter un petit garçon alors qu'il est très engagé dans la Résistance, qu'il n'a plus de toit
au-dessus de la tête, on y croit moyennement. Cela contribue tout de même à renforcer son profil de chevalier blanc ceci dit...
J'ai encore une fois été transportée dans une épopée incroyable. On tremble avec les personnages et on a vraiment l'impression d'être nous-même en sursis, toujours aux aguets. Le meilleur moment,
c'est quand on voit qu'il y a écrit "A suivre" sur la dernière page, parce qu'on sait que cela nous réserve encore d'excellents moments de lecture.






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